J'ai la tête dans les nuages, et le monde à mes pieds.
Marion Servanty, son ennui et son clavier.
Les gens, les âmes, les appels au secourt, les victimes, les héros, les humains, les cruels ou bien les bons. Les aimables, les tordus, les idiots, les amours, les chansons, les paroles, les images, les robes, les fourrures et les baskets usées. La haine, l'inconscience, la violence et l'amertume. Les cigarettes, la drogue, l'ivresse. La psychose, la liberté, l'inconnu, le vécut, la sagesse. L'alcool, le rhum, la limonade, les jupes et les collants. Tout ça défile devant tes yeux mouillés, comme un long film humide. Le genre de film qui nous prend aux tripes, qui nous serre le c½ur et nous fait flancher. Ces films en noir et blanc, que l'on passe sur un vieil écran. Le son est de basse qualité, l'image est floue. Ca grésille, ça trébuche sur des milliers d'ondes. Les ondes téléphoniques, les sms, les e-mails, les appels, la radio, les médias, la télé, internet. Les ondes humaines, les ondes du c½ur, les ondes jalouses, les méprisantes, les hargneuses, les hautes, les basses, les originales, les communes, la faim, la soif, la peur, l'angoisse. Les ondes intelligentes, ou bien les absurdes. Les imaginatives, les saintes, les droites, les sinueuses, les ardues, les raides ou bien les molles. Tout ça tournait autour de toi, comme une farandole démoniaque, avide des rapports humains, des sons, des voix ou bien des couleurs. Une farandole de larmes débordant de tes yeux. Cette ronde infernale, transpirante derrière tes pupilles. Du sel encore plein la gorge, tu bousculais les flots marins qui tentaient infiniment de couler le long de tes joues, au rythme de ta souffrance, cette pluie acide, acide de ses mots, qui t'avaient percutés de plein fouet, sans regrets ni gène. Alors, tu grattais cette dernière ode à l'amour sur ta vieille guitare, essayant de trouver ces accords qu'il aimait tant, cette mélodie qui vous unissait, mot pour mot, note pour note, qui à elle seule pouvait changer la face du monde, décrétant que l'amour n'est qu'un profond désir masochiste que l'on garde, bien au fond de soit, au plus profond de ses entrailles. Ton c½ur dégoulinant d'amour, il faudrait bientôt qu'il sèche, au risque de te noyer sous une marée de souffrance, d'affliction, et de te perdre, à jamais. Le paradis, les hommes, les péchés mortels, la colère de dieu et tout le blabla. Tu n'y crois plus, puisque dieu n'est que la personnification de la peur des hommes. Dieu n'est qu'une assurance vie. Une simple utopie pour désespérés, pour pouvoir donner un peu d'espoir gratuit à une grosse masse humaine d'incompris, de mourants, de fous. Dieu peut se permettre beaucoup de choses. Il peut, entre autre, se permettre de t'enlever ton unique amour. Celui pour qui tu rêves la nuit. Celui pour qui tu donnes sans retour, celui pour qui tu souffres, tu pleures. Celui qui t'as fait rire la veille et qui t'as abandonné au petit matin. Tu es leur dieu, leur utopie, leur désespoir. Tu es leur fiction, leur douleur, leur chagrin. Dieu, c'est toi.